Préface par Feldo
Est-ce que tout ceci a pris naissance autour d'une bière dans un sombre pub de Montpellier? Je ne sais plus trop. L'important, c'est que cette envie d'art ne peut que donner du bon, et tant mieux si cela prend des chemins inattendus. Ce qui a pris fin autour d'une bière dans un sombre pub de Montpellier, pour sûr, c'est l'espoir de terminer une discussion philosophique de manière satisfaisante. Et pourtant...
Nous sommes tous des patates. Des patates semblables à cette pierre que Spinoza nous propose de lancer en l'air. La pierre vole, sous l'impulsion extérieure que nous lui avons donné, mais de son point de vue elle peut très bien avoir choisi son chemin, décidé de grimper dans les airs, puis de descendre. Peut-être qu'elle aussi aura l'impression de terminer sa course trop tôt, sans l'avoir voulu.
Nous sommes des patates qui volent, et on ne sait pas vraiment pourquoi ni vers où.
Nous sommes tous des patates seules. Des pierres solitaires. Toute communication réelle, pleine, sincère, nous est rendue quasi-impossible par le jeu des conditionnements et des peurs primordiales. Tous de petits enfants au genou écorché, qui courront dans notre coin en espérant qu'un « grand », rassurant, saura nous donner le sparadrap des grandes réponses! Un grand qui semble ne jamais vouloir venir.
Tour à tour, nous sommes Benny, parlant à des gens qui ne savent pas nous répondre, et dont on ne sait même pas très bien s'ils nous écoutent, ou nous sommes Ben, incapable d'exprimer ce que nous ressentons.
Heureusement, tout ça donne des patates qui aiment bien rigoler.
Alors, que vous soyez bio ou pas, si vous êtes une patate qui sait lire, lisez Ben & Benny.
Feldo.

